Fin d'après-midi à Royompré

Six heures moins dix, ce mercredi. Je suis assise sur le banc rouge tout neuf, le long de la roulotte à Royompré. On est les derniers, mes deux enfants et moi. Je viens de finir de ranger le terrain : mini brouettes, petites pelles et râteaux, seaux, poêle, casseroles, potiquets et autres ustensiles curieusement remplis de boue se reposent à présent dans la caravane. Jusqu'à la prochaine fois...
Méditant sur mon banc, je me dis que je dois quand même vous avouer un truc, après ces presque deux ans de décollages à Royompré. Même si on sort par tous les temps, même si on n'a pas peur du froid, même si on aime bien aussi la pluie pour sauter dans les flaques, même si la neige réjouit les enfants à tous les coups, même si j'ai aimé les averses de grêle dans la sapinière en mars dernier... Eh bien moi, ce que je préfère malgré tout, ce sont les journées ensoleillées et chaudes, comme aujourd'hui. J'adore. J'adore parce que ces jours-là :

  • les enfants se déshabillent franchement, ou plus timidement, partiellement ou complètement, pour se baigner dans la rivière, de la pointe des pieds ou totalement immergés...
  • on a bon de regarder les enfants gratter, remuer, creuser la terre, et y mélanger autant d'eau qu'ils veulent, avant de déguster ensemble leur coulis de framboises, leurs boulettes ou leur soupe...
  • voir un enfant marcher avec ses chaussures ou tomber avec ses habits dans l'eau ne provoque aucune inquiétude...
  • une myriade d'enfants (ils étaient treize ce mercredi) est en déplacement constant entre : le tas de terre, les cuistax (merci le fermier!), la rivière, la caravane, la cour de la ferme, la « plage », les petits veaux, la roulotte, le coin pique nique...
  • un atelier peinture s'organise au milieu du terrain, avec des gouaches particulièrement gentilles mais dont on ne sait pas encore si elles font des taches sur les vêtements...

Bref, j'adore ces jours où le beau temps pète des flammes, parce qu'on atteint alors un degré maximal de moments joyeux, heureux, spontanés et insouciants... et que cela nous fait oublier tout le reste, tout ce qui n'est pas ancré dans l'instant présent partagé avec nos enfants.
Six heures douze. Lykka pieds nus redescend de l'échelle (une longue palette dressée contre la roulotte), elle est allée jeter un oeil au toit et à ma question de savoir comment il est, elle a répondu « comme neuf ! ». Voilà qui va faire plaisir aux ouvriers du chantier, qui ont bien boulotté, et qui devrait aussi réjouir tous nos kisskissbankers : ça veut dire que la petite fête d'inauguration approche...


Et donc, il est temps pour moi de regagner mon foyer... au grand dam de mes enfants. J'ai déjà écrit qu'on reste toujours plus longtemps à Royompré que ce qu'on avait prévu. Et ce soir, j'ajoute que malgré cela, c'est toujours trop tôt pour les enfants, capables d'hurler « nôôôn !!! pas déjà ! », après plus de cinq heures passées là...


Caro-des-Bois-heureuse-de-tout-ça